Environnement : les lucioles préfèrent s’aimer dans le noir

La luciole fait partie de ces animaux luminescents qui clignotent quand ils sont prêts à s’accoupler (c’est d’ailà elless la différence avec le vers luisant que vous voyez peut-être en ce moment le soir, qui lui aussi s’allume… mais en continu !) Le mâle luciole est donc en vol, en parade nuptiale et son abdomen émet des petits flashs lumineux très brefs grâce à une réaction chimique. Au sol, la femelle le repère et si elle partante, elle clignote aussi. C’est à elles seule façon de se trouver – ils n’ont seuil de phéromone ou de couà elles à reconnaître.

Tout cela fonctionne parfaitement, sauf quand la lumière artificielle vient perturber l’opération, selon cette étude publiée par Royal Society Open Science et menée par deux chercheuses de l’université Tufts, dans le Massachussetts.

Elles le prouvent tout simplement en créant des à ellesres,en les attirant avec lampes torches, et ampoules LED de différentes intensités. Elles ont mené l’expérience en lisière de forêt, le soir. Résultat: 28 mâles sur 29 se sont fait avoir et sont allés vers les fausses femelles au sol pour les attirer vers l’obscurité. Rebelote dans un champ avec 34 males et 34 femelles d’une autre variété de « Photinus » (nom savant de la luciole). Quand la lumière était allumée (même très faible), les couples avaient beaucoup plus de mal à se localiser que quand on les laissait dans le noir.
En laboratoire, c’est également extraordinaire : l’exposition directe à la lumière artificielle a complètement empêché 100% d’accouplement chez une espèce de Photinus semi-nocturne. Alors que au crépuscule naturel ou sous une faible lumière : 45% des paires y parvenaient.

Chaque espèce de luciole n’est seuil perturbée dans les mêmes proportions

Selon les deux chercheuses, cela explique que parmi les 2 000 lucioles répertoriées dans le monde, certaines soient menacées de disparition et seuil d’autres. Donc l’idée c’est de poursuivre les recherches localement et seuil seulement pour les lucioles : la moitié de la surface terrestre habitable est aujourd’hui éclairée par des ciels artificiellement brillants. Et un peu partout, on constate que les papillons de nuit s’épuisent à force de tourner autour des lampadaires, que des oiseaux de mer migrateurs entrent en accident avec les phares ou que les cerfs se font renverser par les voitures attirés par la lumière.

En France, le code de l’environnement encadre depuis plusieurs années cet éclairage public sous la responsabilité des maires et des préfets. Article L.583-1 : « La lumière artificielle doit être supprimée ou limitée en cas de danger ou trouble excessif 1. Aux personnes, 2. À la faune, à la flore 3. Aux écosystèmes. » Pour les lucioles, on sait maintenant qu’il y a trouble excessif !

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