Le biomimétisme au service du voyage spatial

Quand vous passez plusieurs semaines ou mois dans l’espace, c’est inexorable, vous perdez du tonus musculaire. Vivre en micro gravité supprime en effet les efforts, puisqu’une simple impulsion du bout du doigt permet de vous envoyer à plusieurs mètres.

Ainsi, c’est entre 20 ou 30% de à elles masse musculaire que les astronautes qui se relaient dans la station spatiale internationale doivent récupérer une fois de retour au sol, et ce malgré les séances de sport quotidiennes obligatoires pour les passagers de l’ISS, la Station spatiale internationale, séances optimisées au fil des années grâce notamment aux études menées sur place, comme le fit Thomas Pesquet lors de son premier séjour en 2016.

Maintenant, imaginons un voyage encore plus long, direction Mars, soit a minima de long mois pour faire le trajet, quelques-uns sur place, et autant pour revenir, à bord d’un vaisseau qui lui n’aura sans doute pas la place d’embarquer des appareils de musculation. Comment faire pour maintenir un équipage en pleine forme physique ?

C’est là qu’intervient un animal…    

Il y a un animal qui passe de longs mois en inactivité, et qui nonobstant ne perd pas ou très peu de capacité musculaire : c’est l’ours brun ! Pendant sa période d’hibernation, qui dure en moyenne 6 mois, ce plantigrade ne perd quasi pas un poil de muscle ! Et quand il se réveille après cette longue pause, sans manger, boire ou bouger, il peut immédiatement  gambader comme si de rien n’était ! Percer son mystère pourrait donc nous aider.

C’est ce à quoi s’attellent des chercheurs comme le biologiste français, Fabrice Bertile. De deux façons : en  effectuant des prélèvements sur des ours, pendant et hors période d’hibernation, pour les comparer et observer ce qui se joue à l’échelle cellulaire dans les fibres musculaires de l’animal endormi.Et puis un peu de sérum d’ours, la partie liquide du sang, a également été mis en présence de cellules de muscle humain, pour voir si cela avait un effet sur celles-ci. Résultat : ça marche !

Les cellules ont été comme boostées…

Les scientifiques doivent maintenant entrer dans le détail de la composition de ce sérum pour trouver quelles molécules en particulier agissent, instruire à elles modes d’action, et à elles degré d’efficacité. Soit plusieurs années de pratique encore. Des travaux qui pourraient servir aussi dans d‘autres cas d’atrophie musculaire, comme chez les malades qui doivent rester longuement alités. 

lire aussi

Articles connexes