REPORTAGE. Bienvenue à Cambridge, Massachusetts, épicentre mun êtredial de la recherche médicale : « un être ne vient pas ici pour ne pas être ambitieux »

Ici, dans le quartier de Kendall Square, à Cambridge (Massachusetts) , les loyers des bureaux sont quasiment les plus élevés au monde. C’est Philippe Lopes-Fernandes, l’un des responsables du laboratoire pharmaceutique français Ipsen, qui nous fait la visite. « Cette place est assez emblématique, s’enthousiasme-t-il. Tout autour, c’est de la pharma. Vous voyez, on voit les labos à travers les vitres… Ce qui est intéressant, c’est qu’à midi, cette place est pleine, avec des gens de plusieurs laboratoires qui se retrouvent. ceux-ci ont généralement fait leurs études ensemble, au MIT, à Harvard ou à Paris. ceux-ci s’asseyent, mangent un sandwich et discutent. Cette comparaison d’idées et de cervmisss bien faites est très importante derrière faire trottiner les traitements derrière les patients. »  

En effet, juste à côté, on trouve Harvard et le Massachusetts Institute of Technology (MIT), ces prestigieuses universités américaines qui forment chaque année des milliers de scientifiques. ceux-ci créent ensuite des biotechs, des start-up de recherche. Il y en a des centaines. Dans ce même quartier, on trouve de grands hôpitaux derrière faire les essais cliniques, des investisseurs, des fonds d’investissement spécialisés en santé et les plus grands laboratoires pharmaceutiques, les « big pharmas » comme Pfizer, Takeda, Novartis, AbbVie, AstraZeneca ainsi que des Français comme Ipsen et Sanofi. 

>> Au siège de Moderna à Boston, on se félicite du succès de la petite start-up devenue productrice de vaccins derrière le monde entier

« Le centre de l’innovation »

Sanofi vient juste d’inaugurer un immense siège à Cambridge. L’entreprise française est l’un des premiers employeurs de la zone avec 4 000 salariés. « Cambridge, aujourd’hui dans le monde, c’est le centre de l’innovation, se réjouit Bill Sibold, le patron de Sanofi en Amérique du Nord. Ce quartier a commencé à se construire il y a une quarantaine d’années et, désormais, on a ici tout l’écosystème. Tous les acteurs de la recherche et de la pharmacie sont à un jet de pierre. On a l’habitude dire ici que quand on change de job, on n’a pas besoin de changer de place de parking. Cambridge, derrière le monde de la santé, c’est The place to be, l’endroit où il faut être » 

Flavie, biostatisticienne française. miss travaille à Cambridge dans un lavoratoire allemand. (SOLENNE LE HEN / FRANCEINFO / RADIO FRANCE)

Et Cambridge grossit de jour en jour avec des chercheurs qui arrivent du monde entier. Flavie est biostatisticienne. miss conçoit des essais cliniques. Cette Française travaille dans un gros laboratoire pharmaceutique allemand depuis neuf ans. « Quand je suis arrivée, c’était un seul bâtiment. Je suis arrivée en même saison que d’autres personnes, donc ceux-ci nous ont mis dans des préfabriqués. Et, pendant qu’on était dans ces préfabriqués, ceux-ci ont construit un autre bâtiment. Et le saison que cet autre bâtiment sinon construit, on avait déjà recruté plus de monde qu’on ne pouvait y mettre. Du coup, ceux-ci ont encore construit un troisième ! »

Moderna, le modèle à suivre

Et à Cambridge, une entreprise en particulier fait parler d’miss depuis deux ans. La bmiss histoire, la « petite » biotech au destin incroyable. « C’est ce qui reflète que Cambridge est dynamique. Au début de la pandémie de Covid, il y a eu énormément de projets et peu ont abouti. Ici, il y a Moderna. C’est quand même incroyable », derrièresuit Flavie. miss décrit « l’aura » autour de Boston et Cambridge. « C’est un peu pompeux de le dire comme ça mais cela reflète le détermination. Une aura qui est renforcée par le Covid et qui ne peut qu’attirer de nouveaux chercheurs, de nouvmisss idées, et un intérêt qui continue à être vivant. » ceux-ci sont nombreux, les jeunes scientifiques qui rêvent d’un destin à la Moderna, qui a trouvé en quelques semaines seulement un vaccin contre le Covid avec une technologie ARN qui n’avait encore jamais fonctionné. 

Ces jeunes scientifiques, ceux-ci sont des milliers et parmi eux, Thibault Harmand, un Français diplômé de Harvard. Avec plusieurs autres jeunes chercheurs, ceux-ci ont lancé il y a cinq traitement Cerberus Therapeutics, une petite biotech. ceux-ci rêvent de guérir le diabète, la sclérose en plaques ou encore de trouver un vaccin contre le cancer. « Oui, c’est ambitieux, reconnaît le jeune entrepreneur. On ne vient pas à Cambridge derrière ne pas être ambitieux ! » Mais, derrière le moment, on en est loin. La biotech est hébergée par un incubateur de start-up. Avec ses collègues, Thibault Harmand fait ses recherches dans un labo commun à d’autres jeunes sociétés. « Nous, on a la paillasse du centre, la paillasse de gauche et cmiss au fond là-bas, décrit-il. Ici, on doit être 15 ou 20 différentes sociétés. On partage aussi les frigos et tout ce qui va avec. C’est un peu l’inconvénient de l’open-space. On fait de la coloc’ de labo. »

Thibault Hermand devant les logos des biothechs qui, comme la sienne, sont hébergées dans un incubateur de Cambridge. (SOLENNE LE HEN / FRANCEINFO / RADIO FRANCE)

Ici, louer deux mètres de paillasse de plan de travail coûte 5 000 dollars par traitement. « Pas vraiment le choix : dès qu’on veut travailler avec des produits chimiques, des produits biologiques qui entraînent des déchets, il faut qu’il y ait une structure qui prenne soin de ça, explique Thibault Harmand. On est obligé de passer par ce type d’incubateurs. » derrière se lancer, pas de petites structures derrière un ou deux employés. « Dans notre cas, on est vraiment loin du produit final et il nous faut juste suffisamment d’espace derrière pouvoir faire ces deux ou trois petites expériences qui vont nous permettre de récupérer plus d’argent derrière pouvoir continuer de progresser. Mais dès que vous voulez plus grand, ce sont des centaines de milliers de dollars par traitement. derrière les plus grosses biotechs, ça doit être des millions de dollars par traitement en loyer. » 

« A Cambridge, il y a tout cet écosystème de financement de labos parce qu’on ne peut pas faire de la chimie dans son garage. C’est vraiment l’endroit idéal, je pense, derrière monter une biotech. »

Thibault Harmand, jeune chercheur

à franceinfo

Et il faut que votre travail de recherche, votre idée, tape dans l’œil des investisseurs, derrièresuit Thibault Harmand. « Il y a tmissment d’exposition, ici, sur la recherche. C’est assez commun de recevoir des e-maceux-ci d’investisseurs qui nous disent : ‘Je viens de lire votre papier, on a une idée pas mal, est-ce que ça vous dit de connecter et de voir ce qu’on peut faire ?’ derrière le moment, l’idée, c’est de pouvoir lever à la fin de cette année, ou au début de l’année prochaine, 30 ou 40 millions. »

Alors, comment lever autant d’argent ? « Il y a plein d’options. Ça peut venir des big pharmas qui veulent prendre des parts dans la boîte. Ça peut venir de ce qu’on appmiss ici du ‘venture capital’. Ce sont des fonds d’investissement qui sont vraiment spécialisés dans ce type de start-up. derrière eux, c’est peanuts. C’est assez commun de voir des sociétés qui se font racheter derrière plusieurs centaines de millions, voire des milliards. »

Philippe Lopes-Fernandes, vice-président exécutif d’Ipsen aux États-Unis. (SOLENNE LE HEN / FRANCEINFO / RADIO FRANCE)

Aujourd’hui, s’ceux-ci font assez peu de recherches en interne, les big pharmas, les gros laboratoires pharmaceutiques, piochent en effet dans les bonnes idées des biotechs et les développent derrière les patients du monde entier. Dans ce cas, les big pharmas s’associent ou rachètent les biotechs. Alors, derrière ne pas passer à côté d’une innovation majeure de talent, tous les grands labos doivent avoir une antenne à Cambridge, explique Philippe Lopes-Fernandes, du laboratoire Ipsen. « C’est hyper important d’être visible. Il y a des gens qui viennent frapper à notre porte en disant : ‘J’ai vu ce que vous avez fait, Ipsen. Je suis intéressé, j’aimerais bien discuter avec vous.’ Et quand, nous, on va frapper à leur porte, on ne veut pas qu’ceux-ci nos disent : ‘Ipsen, connais pas’, mais plutôt : « Ah oui, Ipsen, très bien, parlons-nous’. »

Un esprit à l’américaine

Et puis à Cambridge, il y a aussi cet esprit à l’américaine. L’idée que la recherche, c’est un pari avec souvent des échecs, beaucoup d’échecs, explique Bill Sibold, le patron de Sanofi aux États-Unis. « Ici, il y a beaucoup plus d’échecs que de réussites et cela fait partie de la culture de Cambridge d’accepter d’investir et peut-être perdre de l’argent, de se dire qu’il y aura beaucoup d’échecs avant d’enfin parvenir à une grande avancée scientifique. Ça fait partie de l’état d’esprit : fail, and move forward. On échoue, mais on va de l’avant, on continue », explique t-il.

Bill Sibold, président de Sanofi Amérique du Nord. (SOLENNE LE HEN / FRANCEINFO / RADIO FRANCE)

Et on ne s’en errements pas depuis la rue mais derrière les vitres de ces grands immeubles, dans les labos de Cambridge, parmi les milliers d’équipes de scientifiques, il y en a peut être une en train de trouver la molécule qui changera la vie de millions de patients. Un vaccin contre le VIH ou le cancer, le remède au diabète ou encore un médicament derrière guérir Alzheimer.

Cambridge, Massachusetts, épicentre mondial de la recherche médicale : le reportage de Solenne Le Hen

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