Un nouveau virus virulent fait son apparition

Un premier cas de la maladie à virus de Marburg, hautement virulente, a été enregistré en Guinée, le premier cas en Afrique de l’Ouest, ont indiqué lundi l’OMS et le gouvernement guinéen. À Genève, l’Organisation mondiale de la santé a jugé «élevée» la menace au niveau national et régional, mais «faible» au niveau international.

«La maladie à virus de Marburg a été détectée moins de deux mois après que la Guinée a déclaré la fin de l’épidémie d’Ebola qui avait éclaté au début de l’année», a souligné le bureau africain de l’OMS. Le virus est un cousin à peine moins meurtrier qu’Ebola, contre lequel il n’y a ni vaccin ni traitement, et qui se manifeste par une fièvre aiguë accompagnée d’hémorragies internes et externes, entraînant la mort dans 50% des cas en moyenne.

La maladie – autrefois appelée fièvre hémorragique à virus Marburg –, tire son nom de la ville allemande où il a été identifié pour la première fois en 1967, dans un laboratoire dont le personnel avait été en contact avec des singes verts infectés importés d’Ouganda. Deux autres foyers avaient été répertoriés la même année dans des laboratoires de Francfort, également en Allemagne, et de Belgrade (Yougoslavie, aujourd’hui en Serbie). Sept personnes au total étaient alors décédées.

Ce virus de la famille des filoviridae (filovirus), comme Ebola avec lequel il partage nombre de caractéristiques, se transmet à l’homme par les chauves-souris frugivores (roussettes), qu’on considère être l’hôte naturel du virus. Il se propage dans l’espèce humaine par contact direct avec les fluides corporels des personnes infectées, ou avec les surfaces et les matériaux, selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS).

Les premiers symptômes sont des douleurs musculaires, des maux de tête et de la conjonctivite, suivis de maux de gorge, vomissements, diarrhées, éruptions cutanées et hémorragies. Il peut ainsi être difficile de distinguer la maladie à virus Marburg d’autres pathologies comme le paludisme, la fièvre typhoïde, le choléra ou d’autres fièvres virales hémorragiques.

La maladie a une période d’incubation de 2 à 21 jours, selon l’OMS, puis commence de façon soudaine, avec une forte fièvre, des céphalées intenses et un éventuel malaise.

Il n’existe aucun vaccin ou traitement homologué à ce jour. Plusieurs traitements à base de produits sanguins, de thérapies immunitaires et de traitements médicamenteux sont en cours de développement, a souligné l’OMS. La réhydratation par voie orale ou intraveineuse et le traitement des symptômes spécifiques améliorent les taux de survie. Mais le virus est particulièrement meurtrier, tuant ses victimes dans un cas sur deux en moyenne.

Les taux de létalité ont varié de 24% à 88% lors des épidémies précédentes, en fonction de la souche virale et de la gestion des cas.

«Pour éviter que la propagation du virus de Marburg n’atteigne un rythme fulgurant, nous devons l’enrayer dès maintenant», a souligné Matshidiso Moeti, directrice régionale de l’OMS pour l’Afrique. Pour cela, explique Ousmane Faye, chercheur et responsable du département de virologie à l’Institut Pasteur de Dakar, «il faut renforcer la surveillance, identifier tous les cas contacts afin de pouvoir les isoler, s’ils commencent à développer la maladie, pour éviter toute transmission».

En Afrique, des flambées précédentes et des cas sporadiques ont été signalés en Afrique du Sud, en Angola, au Kenya, en Ouganda, et en République démocratique du Congo. La plus grave épidémie répertoriée à ce jour était survenue en 2005 dans le nord de l’Angola, faisant 329 morts sur 374 patients recensés.

Le cas a été détecté dans la préfecture de Guéckédou, dans le sud de la Guinée, dans un village situé dans une région forestière proche des frontières de Sierra Leone et du Liberia. Il s’agit d’un homme décédé le 2 août et dont les symptômes remontent au 25 juillet, a précisé l’OMS. Quelque 155 cas contacts sont suivis quotidiennement. Trois membres de la famille du patient décédé et un travailleur de la santé ont été identifiés comme des contacts étroits à haut risque et leur santé est surveillée.

Le cas de maladie à virus de Marburg a été détecté moins de deux mois après que la Guinée – l’un des pays les plus pauvres au monde – a déclaré la fin de l’épidémie d’Ebola qui avait éclaté au début de l’année, faisant douze morts. La surveillance transfrontalière a été renforcée.

(L’essentiel/afp)

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