Le blob, cette créature « quasi immortelle », que vont étudier Thomas Pesquet et 350 000 élèves

Ils seront les stars d’une étude conjointement menée dans les étoiles par Thomas Pesquet et dans le même temps sur terre par plusieurs milliers d’enfants. Les blobs doivent embarquer au milieu de près de 3 000 kilos d’équipement de bord et d’un lot de projets d’expérience dans un cargo de ravitaillement, direction la Station spatiale internationale.

« Pour le définir, on commence souvent par dire ce qu’il n’est pas, il n’est ni une plante, ni un animal, ni un champignon. »

Audrey Dussutour, chercheuse au CNRS à Toulouse

à franceinfo

Même si vous ne faites pas partie des chanceux qui vivront au plus près cette expérience menée par le CNRS et le Centre national d’études spatiales, vous avez peut-être déjà aperçu en vous promenant en forêt cet organisme qui crée l’émulation dans la communauté scientifique. Il ressemble à de la mousse, un peu gluante (pas appétissante) avec un réseau veineux, souvent jaune, qui se développe sur les troncs. Une description un peu hasardeuse pour un organisme affectueusement surnommé « blobby wan kenobi », que tous peinent à classer.

Audrey Dussutour, chercheuse au CNRS à Toulouse, est la spécialiste des blobs en France. Elle précise : « C’est une cellule un petit peu particulière puisqu’elle est visible à l’œil nu et elle peut atteindre jusqu’à plusieurs mètres carrés. Elle double de taille tous les jours et elle est quasi immortelle biologiquement. »

De quoi attiser la curiosité des scientifiques, qui s’acharnent à comprendre comment se développent ces organismes. « Ce sont des organismes qui, même s’ils sont composés d’une seule cellule, c’est-à-dire même s’ils n’ont pas de système nerveux, ils sont quand même capables de résoudre des problèmes. Le blob sait trouver le chemin le plus court dans un labyrinthe, sait former des réseaux optimisés, mieux que nous », poursuit la scientifique.

« Il peut apprendre des choses, transférer ses apprentissages à ses congénères et il a même des formes de mémoire. »

Audrey Dussutour, chercheuse au CNRS à Toulouse

à franceinfo

Conclusion, les capacités de mémoire et d’apprentissage ne sont pas réservées aux animaux ou aux êtres humains. Le blob bouleverse d’une certaine manière les codes de la biologie. En envoyant quatre blobs qui seront gérés par Thomas Pesquet dans l’ISS, les scientifiques espèrent lever une part de mystère.

« Le rôle de Thomas est primordial, il va réveiller les blobs. Il doit injecter dans des petits tubes un certain volume d’eau pour les réveiller et une fois que ce sera le cas, chaque blob va circuler dans sa petite boîte. Son comportement va être enregistré avec une petite caméra. C’est la première fois qu’on va suivre un blob pendant une semaine dans des conditions de microgravité », expose la chercheuse.

Audrey Dussutour s’attend à ce que les blobs se déplacent différemment dans la station spatiale et notamment qu’ils grandissent de façon verticale. Mais l’objectif de cette expérience est aussi de transmettre sa passion aux jeunes Français, qui vont être mis à contribution.

Au total, près de 5 000 classes vont recevoir un kit de quatre à cinq blobs confectionné dans le laboratoire du CNRS de Toulouse. « On a préparé plus de 20 000 blobs. Au total, 350 000 élèves vont observer leurs blobs exactement dans les mêmes conditions que Thomas Pesquet, mise à part la microgravité. Ensuite, on va analyser toutes ces données et comparer avec celles obtenues par Thomas Pesquet », conclut Audrey Dussutour.

Voilà un premier conseil pour ces élèves : n’oubliez pas de nourrir vos blobs avec des flocons d’avoine, apparemment ils en raffolent. Le début des expériences dans les écoles est prévu pour octobre prochain.

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