«Il n’y a pas que du romain à Arlon, voici la preuve…»

Lieu de résidence de nombreux frontaliers belges, Arlon est en pleine mutation. Au coeur même de la ville dont la population dépasse désormais les 30 000 habitants, un énorme chantier a débuté il y a quelques mois. Les instances communales et les archéologues ont fait le point, ce mercredi 11 août 2021, sur les avancées des travaux et des fouilles. «Il n’y aura pas seulement un parking», précise d’emblée le bourgmestre d’Arlon Vincent Magnus. «On se braque là-dessus, c’est vrai, il y aura aussi un parking, mais l’objectif premier, c’est d’abord de redynamiser notre centre-ville et de faire de la Place Léopold, un espace avec beaucoup moins de voitures qu’aujourd’hui. On veut rendre cet espace à la population et on veut moderniser le parc. L’enrdoit où l’on se trouve actuellement est une première étape de ce gigantesque chantier».

Grâce au département des fouilles du Service public de Wallonie, la connaissance de l’histoire de la ville d’Arlon va être améliorée. Car si la ville d’Arlon est généralement connue pour son histoire gallo-romaine, c’est un bastion du XVIe siècle qui a été découvert ces dernières semaines. «Les recherches se cantonnent actuellement dans l’ancien Parc Léopold», détaille Denis Henrotay, archéologue à l’Agence wallonne du Patrimoine (Awap). «On savait qu’il y avait un bastion, mais c’est sa forme qui est inattendue. Il n’est pas conforme aux plans que l’on connaît du XVIIe siècle. On est certainement sur un bastion construit dans la seconde moitié du XVIe siècle et détruit au début du XVIIe siècle».

« Une époque avec de nombreuses guerres »

Même si Arlon est la plus grande ville du Luxembourg belge, le chef-lieu de la province voisine du Grand-Duché reste un gros village où tout et n’importe quoi se raconte parfois dans la rue ou a fortiori sur les réseaux sociaux. «On y lit beaucoup de choses fausses», regrette Vincent Magnus. «On y raconte même beaucoup d’imbécilités. Arlon a cet aspect « romain » qui lui colle à la peau, et c’est une très très bonne chose, mais il n’y a pas que du romain à Arlon. La preuve avec ce bastion du XVIe siècle où l’époque romaine est déjà bien loin».

«Il y a toujours des surprises lorsqu’on effectue des fouilles», admet l’archéologue Denis Henrotay. «C’est assez rare d’avoir des choses tout à fait conformes avec les plans. C’est un grand puzzle et on essaie de mettre les éléments ensemble. On étudie également les sols pour mieux comprendre l’évolution de la ville d’Arlon depuis le Ier siècle jusqu’à présent. Ici, sur ce chantier, on est sur l’enceinte de la ville qui s’agrandit. Ce secteur-ci n’est, apparemment, pas contenu dans l’enceinte du Moyen-Âge. Au milieu du XVIe siècle, Arlon s’est équipée de moyens de protection dans une époque où il y avait pas mal de guerres».

« Ce n’est pas possible de conserver quelque chose»

Tous les jeudis matins de nombreux luxembourgeois fréquentent le marché hebdomadaire d’Arlon et certains d’entre-eux se sont peut-être demandés combien de temps allaient durer ces travaux. «Il est important de préciser que ce ne sont pas les fouilles actuelles qui retardent le projet», souligne le bourgmestre d’Arlon. «Les fouilles ont été intégrées au projet et elles ont commencé quand on voulait qu’elles commencent. Désormais, nous attendons l’accord des pouvoirs subsidiants pour avancer vers une deuxième étape. On donnera encore quelques semaines à l’équipe de la Région wallonne pour les fouilles et puis on continuera avec les travaux du parking, dans les mois et les années qui viennent».

Une question est également sur toutes les lèvres: que va-t-on pouvoir garder de toutes les fouilles actuelles au centre d’Arlon? «Il n’y a pas grand chose de très spectaculaire, ni de très costaud», reconnaît l’archélologue Denis Henrotay. «Ce sont très souvent des niveaux de fondation, donc ce n’est pas comme la Tour romaine, la Tour Neptune ou la Tour Jupiter. Là, on était sur des éléments spectaculaires et très bien construits. Ici, si on voulait conserver quelque chose, ce ne serait pas forcément techniquement possible. Le seul moyen de conserver les vestiges, ce serait de les enterrer à nouveau. On a commencé les fouilles actuelles, il y a une dizaine de jours et on sera là encore pendant deux mois»

(Frédéric Lambert / L’essentiel )

Vous venez de publier un commentaire sur notre site et nous vous en remercions. Les messages sont vérifiés avant publication. Afin de s’assurer de la publication de votre message, vous devez cependant respecter certains points.

«Mon commentaire n’a pas été publié, pourquoi?»

Notre équipe doit traiter plusieurs milliers de commentaires chaque jour. Il peut y avoir un certain délai entre le moment où vous l’envoyez et le moment où notre équipe le valide. Si votre message n’a pas été publié après plus de 72h d’attente, il peut avoir été jugé inapproprié. L’essentiel se réserve le droit de ne pas publier un message sans préavis ni justification. A l’inverse, vous pouvez nous contacter pour supprimer un message que vous avez envoyé.

«Comment s’assurer de la validation de mon message?»

Votre message doit respecter la législation en vigueur et ne pas contenir d’incitation à la haine ou de discrimination, d’insultes, de messages racistes ou haineux, homophobes ou stigmatisants. Vous devez aussi respecter le droit d’auteur et le copyright. Les commentaires doivent être rédigés en français, luxembourgeois, allemand ou anglais, et d’une façon compréhensible par tous. Les messages avec des abus de ponctuation, majuscules ou langages SMS sont interdits. Les messages hors-sujet avec l’article seront également supprimés.

Je ne suis pas d’accord avec votre modération, que dois-je faire?

Dans votre commentaire, toute référence à une décision de modération ou question à l’équipe sera supprimée. De plus, les commentateurs doivent respecter les autres internautes tout comme les journalistes de la rédaction. Tout message agressif ou attaque personnelle envers un membre de la communauté sera donc supprimé. Si malgré tout, vous estimez que votre commentaire a été injustement supprimé, vous pouvez nous contacter sur Facebook ou par mail sur [email protected] Enfin, si vous estimez qu’un message publié est contraire à cette charte, utilisez le bouton d’alerte associé au message litigieux.

«Ai-je le droit de faire de la promotion pour mes activités ou mes croyances?»

Les liens commerciaux et messages publicitaires seront supprimés des commentaires. L’équipe de modération ne tolérera aucun message de prosélytisme, que ce soit pour un parti politique, une religion ou une croyance. Enfin, ne communiquez pas d’informations personnelles dans vos pseudos ou messages (numéro de téléphone, nom de famille, email etc).

lire aussi

Articles connexes