Des talibans entrent dans la capitale, Kaboul

Les talibans étaient, dimanche, sur le point de reprendre le pouvoir en Afghanistan, après être arrivés aux portes de Kaboul, où leurs combattants ont reçu l’ordre de ne pas entrer pendant que le gouvernement promettait une transition pacifique. «L’Émirat islamique ordonne à toutes ses forces d’attendre aux portes de Kaboul, de ne pas essayer d’entrer dans la ville», a annoncé sur twitter Zabihullah Mujahid, un porte-parole des talibans.

Ils ont aussi promis qu’ils ne chercheraient à se venger de personne, y compris des militaires ou fonctionnaires ayant servi pour l’actuel gouvernement. Appelant les Afghans à «ne pas s’inquiéter», le ministre de l’Intérieur, Abdul Sattar Mirzakwal a assuré qu’un «transfert pacifique du pouvoir» vers un gouvernement de transition allait avoir lieu. Malgré les promesses des insurgés, des combattants talibans armés ont été aperçus dans une banlieue éloignée de la capitale, encerclée et où la panique était totale, mais sans qu’il y ait d’affrontements.

La Russie réagit

«Ne paniquez pas, Kaboul est en sécurité», a tenté de rassurer sur Twitter Matin Bek, le chef de cabinet du président Ashraf Ghani. Les insurgés s’étaient emparés sans résistance dans la matinée de la ville de Jalalabad (est), quelques heures après avoir pris Mazar-i-Sharif, la quatrième plus grande ville afghane et le principal centre urbain du nord du pays. En à peine dix jours, les talibans, qui avaient lancé leur offensive en mai à la faveur du début du retrait final des troupes américaines et étrangères, ont pris le contrôle de quasiment tout le pays.

La Russie ne prévoit pas d’évacuer son ambassade à Kaboul, a indiqué dimanche un responsable du ministère russe des Affaires étrangères à l’agence Interfax. Face à l’effondrement de l’armée afghane, le président américain, Joe Biden, a porté à 5 000 soldats le déploiement militaire à l’aéroport de Kaboul pour évacuer les diplomates américains et des civils afghans ayant coopéré avec les États-Unis qui craignent pour leur vie.

Londres a parallèlement annoncé le redéploiement de 600 militaires pour aider les ressortissants britanniques à partir. Plusieurs pays occidentaux vont réduire au strict minimum leur présence, voire fermer provisoirement leur ambassade. Le pape, lui, a exprimé son «inquiétude» et prône «le dialogue».

(L’essentiel/afp)

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