Richard Branson a décollé pour l’espace

Le rôle officiel de Richard Branson durant le voyage: tester et évaluer l’expérience que vivront les futurs clients. À cause des conditions météo sur place, le décollage a été retardé d’une heure et demie, a annoncé Virgin Galactic tôt dimanche matin. Il est désormais prévu à 8h30 du matin heure locale (16h30 au Luxembourg), avec une retransmission vidéo en direct sur le site de Virgin Galactic.

Il ne s’agit pas vraiment ici d’une fusée mais plutôt d’un immense avion porteur, conduit par deux pilotes, qui doit d’abord décoller d’une piste traditionnelle et gagner en altitude durant environ une heure. Sous cet avion est accroché le vaisseau VSS Unity – un exemplaire du modèle SpaceShipTwo – avec à son bord deux autres pilotes et quatre passagers: Richard Branson et trois employés de la compagnie.

Décollage aujourd’hui de SpaceShipTwo Unity de Virgin Galactic avec Richard Branson à bord du vaisseau VSS Unity. L’espace est à la portée de touristes… le vol habité en #vidéographie #AFP #AFPgraphics pic.twitter.com/ZLEor49WkY

— Agence France-Presse (@afpfr) July 11, 2021

À quelque 15 kilomètres d’altitude, le vaisseau, qui fait à peu près la taille d’un jet privé, sera largué et allumera son moteur pour une ascension supersonique, jusqu’à dépasser les 80 km d’altitude – la limite fixée aux États-Unis pour la frontière de l’espace.

The future of space tourism in New Mexico is getting one step closer! @virgingalactic is launching their first fully-crewed flight with @richardbranson tomorrow! Tune in at 7am MDT for a live stream of the #Unity22 launch at https://t.co/6Vk2fgiIdE! pic.twitter.com/yKWnyUIrNu

— New Mexico TRUE (@NewMexico) July 10, 2021

Une fois le moteur coupé, les passagers pourront se détacher de leur siège pour flotter quelques minutes en apesanteur, et admirer la courbure de la Terre depuis l’un des 12 hublots de la cabine. Après un pic à environ 90 km d’altitude, le vaisseau redescendra en planant.

(AFP)

L’excentrique milliardaire de 70 ans, fondateur du groupe Virgin (dont les activités vont d’une compagnie aérienne au fitness), cultive de longue date son image de tête brûlée, en multipliant les exploits sportifs. «Quand j’étais enfant, je voulais aller dans l’espace. Comme cela ne semblait pas probable pour ma génération, j’ai déposé le nom de Virgin Galactic, avec l’idée de créer une entreprise qui pourrait rendre ça possible», a écrit Richard Branson quelques jours avant le départ.

From dream to reality, this is the story of @VirginGalactic. The next chapter begins tomorrow. Watch the #Unity22 launch live at 6 am PT | 9 am ET | 2 pm BST on https://t.co/PcvGTmA661 pic.twitter.com/ETa6KXRW5F

— Richard Branson (@richardbranson) July 10, 2021

Un mort en 2014

Un objectif qui a bien failli tourner court en 2014: l’accident en vol d’un vaisseau de Virgin Galactic avait causé la mort d’un pilote, retardant considérablement le programme. Depuis, VSS Unity a déjà atteint trois fois l’espace, en 2018, 2019 et en mai, avec à son bord des pilotes, et même une passagère en 2019.

Dimanche, l’événement a lieu au Spaceport America, une base spatiale construite dans le désert du Nouveau-Mexique, à moins de 100 km au nord de la petite ville de Las Cruces. Virgin Galactic est à l’initiative de sa construction, largement financée par cet État du sud-ouest des États-Unis, et en est le client principal. La base comprend une piste de plus de 3,6 km de long et un bâtiment avec des espaces dédiés aux opérations de vol, ainsi qu’à l’accueil des futurs clients.

400 vols par an entre 200 000 et 250 000 dollars

Après dimanche, Virgin Galactic prévoit deux nouveaux vols d’essai, puis le début des opérations commerciales régulières pour début 2022. Et ambitionne à terme de mener 400 vols par an depuis Spaceport America. Quelque 600 billets ont déjà été vendus à des personnes de 60 pays différents – y compris des célébrités hollywoodiennes – pour un prix compris entre 200 000 et 250 000 dollars.

Même si Richard Branson ne cesse de répéter que selon lui, «l’espace nous appartient à tous», l’aventure ne reste donc à la portée que de privilégiés. «À mon retour (de l’espace), j’annoncerai quelque chose de très enthousiasmant pour permettre à davantage de gens de devenir astronaute», a-t-il promis.

La compétition dans le secteur du tourisme spatial, dont l’avènement imminent est annoncé depuis des années, s’est formidablement accélérée ce mois-ci: l’homme le plus riche du monde, Jeff Bezos, doit lui aussi s’envoler le 20 juillet, avec sa propre fusée, nommée New Shepard et développée par sa société Blue Origin. Cette dernière a publié vendredi un tableau vantant ses mérites par rapport à ceux de Virgin Galactic.

(L’essentiel/AFP)

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