«Nous allons recommencer, c’est notre existence»

J+7. Étrange ambiance à Echternach. Si des terrasses revivent, certains commerces restent fermés. Ou restent plutôt grand ouverts pour sécher… totalement vides et abîmés. L’eau, montée à plus de 1,50 m une semaine plus tôt, a laissé des traces sur les murs, des odeurs aussi, et délavé les âmes.

«Pour des millions d’euros de dégâts»

«L’essentiel»: Quelle est l’étendue des dégâts pour la commune?

Yves Wengler, bourgmestre d’Echternach: L’évaluation se poursuit. Il faut voir ce qui est réparable et ce qui ne l’est pas. Avec le hall sportif, la piscine, l’ancienne école, un petit musée, on parle de millions d’euros.

Qu’en est-il de la question des assurances?

Nous n’avions pas d’assurance contre les intempéries, mais d’un autre type. Nous allons introduire des demandes d’aides auprès de l’État pour la commune. Les particuliers et commerçants doivent introduire les leurs pour ce qui n’est pas couvert.

Pensez-vous augmenter la hauteur des protections contre les crues?

Nous en avons déjà et nous ne pouvons pas non plus les relever à deux ou trois mètres. Ce serait déplacer le problème. Ensuite, c’est Wasserbillig ou nos voisins allemands le long de la Sûre qui seraient plus impactés. On ne peut pas faire ça. Il faut partager les dommages.

Il ne reste rien du magasin de bijoux et décoration de Heco et Monika, rue de la Gare. Malgré leurs efforts, «l’eau est montée trop vite». Parents de trois enfants, ils avaient fini par quitter leur logement situé juste au-dessus, en canot avec les pompiers.
Depuis leur retour, ils nettoient. Heureusement, ils étaient assurés.

Ouverts depuis un an, ils ont connu le Covid puis cette catastrophe. «Mais nous allons repartir, c’est notre passion, notre existence». Certains s’arrêteront là. «On a pu sauver la collection de vêtements. On va la vendre et le mois prochain c’est fini», lance Hams, dont la crue va précipiter la retraite.

«Même en 1993, l’eau n’était pas montée jusqu’ici»

Une pâtisserie, une boutique de cadeaux ne rouvriront pas non plus. Lucia, dans son magasin de lingerie, va tenter de tenir. Pas assurée, elle montre une boîte, pleine des étiquettes de produits jetés. «Même en 1993, l’eau n’était pas montée jusqu’ici», explique-t-elle, regrettant de n’avoir pas été assez alertée jeudi dernier. Elle chiffre à 50 000 ou 60 000 euros les dégâts et craint pour la saison touristique. «Des hôtels aussi ont été inondés».

Devant sa boutique vide, Nathalie, émue, raconte le cauchemar de la semaine passée. Et la difficulté de recenser tout ce qui a été détruit dans son magasin de décoration. «J’ai dû louer un local pour entreposer les commandes qui continuent d’arriver et que je ne peux pas stopper. Sur les étagères, seules les dernières rangées ont été épargnées. C’était horrible… Je vais recommencer je n’ai pas le choix. Mais j’ai d’abord pensé arrêter».

Nadine, venait d’ouvrir son magasin Zero gaspillage en février. Tout était neuf. Jeudi, elle ponçait l’escalier en bois, gonflé par l’eau, au milieu de sa boutique vide. «Les meubles sont cassés. J’ai jeté les aliments en vrac». Elle devra faire des frais avant que l’assurance n’intervienne.

«J’en suis à 35 voitures remorquées»

Tous saluent, malgré tout, la solidarité dont ils ont bénéficié. «On nous a apporté des pizzas. On a reçu l’aide de gens de partout, qu’on ne connaissait pas. Chapeau», insiste Nathalie. Jacques par exemple est là. Son entreprise de jardinage epternacienne n’a pas été touchée par les crues mais il est venu «aider les copains» avec ses camions.

Assureur au centre-ville, Fernando Alves assure avoir déjà reçu une centaine de dossiers. Et plusieurs demandes de souscription à la garantie inondations. «On ne peut pas forcer les gens, mais elle devient indispensable», avoue-t-il.

Non loin de là, sur la dépanneuse de Patrick, l’eau s’écoule d’une voiture. «J’en suis à 35. Celle-là a deux mois. J’en ai emmené une qui avait un jour. Il n’y a plus de place dans les garages pour les déposer». Il estime à un millier le nombre de voitures submergées et hors d’usage. «On ne peut plus récupérer que des pièces de carrosserie et le moteur».

Dans la rue, on parle assurance, aides de l’État. Un livreur explique à une vieille dame, dans un garage ouvert, comment fonctionne sa nouvelle machine à laver. On repart de zéro.

(Nicolas Martin/L’essentiel)

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