Meditect, l’appli qui lutte contre les faux médicaments

Arnaud Pourredon, fondateur de Meditect, devant une armoire de faux médicaments repérés par son application à Abidjan (Côte d’Ivoire). (MEDITECT)

Le fléau de la contrefaçon de médicaments tue chaque année 100 000 personnes en Afrique subsaharienne et même jusqu’à un million dans le monde, surtout avec les faux antipaludiques comme la chloroquine. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) alerte depuis des années sur le sujet, et ce trafic avait explosé avec le Covid-19.

L’OMS estime qu’un médicament sur dix est contrefait . Cela rapporte plus que la contrefaçon de produits de luxe. « Un faux sac Vuitton ne va pas vous tuer alors qu’un faux médicament, oui », explique Arnaud Pourredon, le fondateur de Méditect. Soit parce qu’il ne vous soigne pas, soit parce qu’il contient des produits toxiques, comme de la mort-aux-rats.  Et si vous pensez que la question ne concerne que des pays en voie de développement, sachez qu’un raid international des douanes dans une centaine de pays en 2014 a trouvé près de 100 000 médicaments contrefaits en France et a fermé 72 sites de vente en ligne de faux médicaments. 
 
Arnaud Pourredon et Romain Renard ont eu l’idée d’une application, dans des pays où tout le monde utilise un smartphone mais où la moitié de la population va encore acheter ses médicaments dans la rue. Question de prix, vous allez me dire ? Non, explique Arnaud Pourredon, installé à Abidjan. Les pharmacies vendent aussi des cachets à l’unité comme les vendeurs de rue mais beaucoup ne le savent pas. Il pense que c’est plutôt une question de représentation sociale qu’il faut changer. « Beaucoup ont honte d’aller à la pharmacie », explique-t-il. Pour autant, le trafic de faux médicaments touche aussi les officines et l’application a déjà été utilisée par de nombreux pharmaciens ivoiriens pour également éviter les fraudes. 

Cette application appelé Meditect, existe depuis plus d’un an en Côte d’Ivoire et se lance aujourd’hui au Sénégal et au Cameroun. Il s’agit d’une sorte de Yuka des médicaments. Vous scannez votre boîte de cachets et elle vous garantit ou pas sa composition. Si nos deux entrepreneurs ont pu créer ce système c’est parce qu’une directive européenne impose depuis 2011 que les laboratoires inscrivent des codes chiffrés sur les boîtes qui sortent de leur ligne de production installée sur le territoire européen. Certains laboratoires traînent encore des pieds, et cela ne s’impose pas quand votre production est installée en Inde ou en Chine. Mais pour ceux qui jouent le jeu comme Upsa , le principal partenaire de Meditect, cela permet de sauver des vies.  

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