«Il y a eu une sous-estimation du risque»

L’essentiel: Comment expliquer les nouvelles inondations dans le sud mardi?

S’adapter aux phénomènes météo violents

Le Luxembourgeois Jeff Da Costa est doctorant à l’Université de Reading au Royaume-Uni et fait des recherches pour RSS-Hydro au Luxembourg. À travers son doctorat, il étudie comment s’adapter efficacement aux conséquences de l’augmentation des phénomènes météorologiques violents liés au changement climatique, et que peut-on faire pour s’y préparer et limiter leur impact. Notamment les systèmes d’alerte précoce et l’adaptation aux aléas hydrométéorologiques.

Jeff Da Costa: C’est la suite de ce qui s’est passé ces quinze derniers jours et des précipitations précédentes. Un effet secondaire. Les sols sont saturés, les inondations les érodent. Ils essaient de retenir l’eau mais finissent par la relâcher dans les cours d’eau.

Combien de temps faudra-t-il aux sols pour se remettre? Faut-il craindre d’ici là le moindre orage?

On ne peut pas fixer de date. Ce temps dépend du type de sol, de l’intensité et de la durée des précipitations. On ne peut dire où cela va déborder, il faudrait une analyse approfondie des sols et les pluies peuvent être très localisées.

Des affaissements de terrain sont-ils possibles?

En voyant les tas de boue en aval des vignes de la Moselle, les écroulements ces dernières années, par exemple au Mullerthal, et la hausse prévue des inondations avec le changement climatique, cela mérite d’être réévalué.

Comment se comporter en cas d’inondations?

C’est toute une éducation. J’ai vu des gens marcher dans l’eau sans couper l’électricité, rouler sur des routes inondées. Mais la dernière chose à faire est de rendre les gens responsables de ce qui n’a pas fonctionné.

Qui est en cause?

Le phénomène a été le même qu’en Belgique ou en Allemagne. Il a tué plus de 200 personnes. On a juste été épargnés par coïncidence, car le système météo était moins sévère ici. Mais pas par la gestion de crise. Quand on entend que tout a fonctionné…

L’alerte n’a pas circulé?

Ce n’est pas aux gens d’aller chercher les alertes. Il y a eu une notification du système européen EFAS, dès le 10 juillet. Le plan de crise n’a été déclenché qu’en début de soirée le 14. Il y a eu sous-estimation du risque. Pas seulement au Luxembourg.

Faut-il prévoir un jour raser des quartiers à risque?

Il faut s’adapter. Le changement climatique, on le vit déjà. Avant de raser les quartiers, il y a des moyens comme les digues, des pompes pour les résidents pour limiter les dégâts et il faut surtout avoir un plan de prévention et d’alerte.

Un nouveau système d’alerte est prévu au Grand-Duché d’ici fin 2022…

Nous avions déjà, aujourd’hui, les ressources pour prévoir. Et la chaîne de transmission n’a pas fonctionné. MeteoLux et d’autres administrations n’ont pas l’autorité pour évacuer des gens. Il faut un dialogue avec les scientifiques pour améliorer les choses.

Faut-il avoir peur?

Ce sont des événements traumatisants. Je comprends que les gens n’aient pas confiance dans le système actuel. Mais il ne faut utiliser la peur comme moteur. Les gens oublient vite, passent à autre chose. On ne peut pas rester dans le drame, il faut investir dans la recherche et consulter des experts indépendants.

(Recueilli par Nicolas Martin/L’essentiel)

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