À Toulouse, la réalité augmentée au service des chirurgiens dans les blocs opératoires

Dans les films et les séries, réalisateurs et réalisatrices rivalisent d’imagination pour mettre en avant la médecine du futur. Que ce soit à travers les nanosciences, la robotique, les solutions naturelles ou encore des technologies empruntées aux extraterrestres, les propositions sont légions. Si beaucoup d’entre elles restent pour le moment circonscrites au cinéma, la réalité augmentée a de son côté bel et bien fait son entrée dans les blocs opératoires. La première mondiale s’est d’ailleurs déroulée en France, en 2017, à l’hôpital Avicenne de Bobigny. Depuis, la technique inspire.

Bruno Chemama est chirurgien orthopédiste à la clinique de l’Union à Saint-Jean. Il y a deux ans, cet établissement privé près de Toulouse a proposé à ses chirurgiens, dont Bruno Chemama, d’être formés à la réalisation d’opérations chirurgicales assistées par réalité augmentée.

Après deux ans de formation, le médecin enchaîne les interventions sur des genoux. Depuis sa première, fin juin, il en a déjà réalisé cinq autres. Avec ses lunettes de réalité augmentée fixées sur la tête, le chirurgien est guidé : “Dans le verre droit, j’ai un hologramme qui apparaît avec un carré bleu où j’ai des informations qui apparaissent, mais je vous vois vous aussi normalement”, décrit Bruno Chemama.

C’est grâce à plusieurs capteurs positionnés sur le genoux de la patiente, que le logiciel des lunettes peut afficher des images et des données aidant Bruno Chemama dans son travail. “On a, dans les lunettes, la vision en temps réel de ce qu’on fait sans quitter le champ opératoire des yeux. On arrive à se concentrer sur le patient et en même temps à obtenir les informations que l’on souhaite comme l’épaisseur de la coupe, le positionnement de l’implant ou la tension ligamentaire. C’est vrai que c’est novateur”, admet le professionnel.

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— Medacta (@medacta) June 4, 2021

Avec toutes ces données offertes en temps réel, de manière précise et rapide, le chirurgien gagne en précision dans ses gestes et en qualité dans le rendu final. Le principal gagnant de cette avancée technologique n’est donc pas le praticien mais le patient, qui, espère Bruno Chemama “gagnera en confort dans le quotidien, avec une prothèse dite “oubliée”. Parce que ce que tout chirurgien orthopédiste souhaite obtenir après la mise en place d’une prothèse de genoux, c’est que le patient oublie sa prothèse.”

Si pour le moment, la réalité augmentée n’est utilisée que pour les opérations du genoux, elle devrait être étendue par la suite à toute la chirurgie orthopédique de la clinique.

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