La retraite ne sied pas à François et Nicolas

«Toute ressemblance avec des personnes existantes n’est purement pas fortuite.» Le ton est donné par cet exergue dès le début de «Présidents». Nous voilà dans la comédie et la copie non conforme. Hollande et Sarkozy sont au cœur du film, mais ils ne sont pas tout à fait ceux qu’on connaissait. Et ce léger décalage fait tout le sel du film.

Surprenant, le Sarkozy qui décide de quitter son psy, son chien, son aspirateur (!), son XVIe arrondissement, pour aller titiller en Corrèze un Hollande qui y joue du saxo et s’extasie devant les vaches! Surprenant, son projet de convaincre son ennemi d’hier de monter un parti pour gagner la présidentielle… ensemble!

Un film assez subtil

Si vous vous attendez à une caricature à gros traits, vous serez surpris par les subtilités. Les Gadebois et Dujardin auraient pu en faire des tonnes, s’ils n’avaient été dirigés par Anne Fontaine. Les ex-premières dames, cantatrice (Doria Tillier) ou vétérinaire (Pascale Arbillot), sont de belles créations. Et même les gardes du corps ont une épaisseur qu’on ne soupçonne pas dans la «vraie vie».

«Présidents» débute avec le petit coup de blues de Nicolas et François, et on peut se demander si ce qui les motive est la satisfaction de leur ego ou la certitude d’être seuls capables de faire barrage à Le Pen. Parce que de relève, eux n’en voient pas. Anne Fontaine, si. Allez-y voir!

(L’essentiel/Catherine Magnin)

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